Droit dans le mur…

Droit dans le mur…


L’ANSES, agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’Environnement et du travail, confirme la toxicité de la lumière bleue sur la rétine et met en évidence des effets de perturbation des rythmes biologiques et du sommeil liés à une exposition le soir ou la nuit à la lumière bleue, notamment via les écrans et ce en particulier pour les enfants. L’Agence recommande donc de limiter l’usage des dispositifs d’éclairage les plus riches en lumière bleue, et de diminuer autant que possible la pollution lumineuse pour préserver l’environnement.

Le remplacement des lampes d’éclairage public à incandescence ou halogènes, et des néons des bâtiments publics par des Diodes Electro Luminescentes (Light Emitting Diodes en anglais, mais on préfèrera continuer à vous parler français), beaucoup moins énergivores mais potentiellement phototoxiques,  cachent à l’esprit peu curieux deux pièges.

  1. Premier piège : la nocivité de certaines de ces DEL, ou LED en anglais.

De par leur spécificité technologique, ces éclairages peuvent émettre une lumière riche en courtes longueurs d’onde, dites « riche en bleu », et un éclairage plus intense que d’autres sources lumineuses, ce qui peut induire des effets sur la santé de l’Homme comme sur l’environnement. Les nouvelles données scientifiques confirment les résultats des études de 2010 sur la toxicité de la lumière bleue pour l’œil, qui peut conduire à une baisse de la vue. Elles montrent des effets phototoxiques à court terme liés à une exposition aiguë et surtout des effets à long terme liés à une exposition chronique, qui augmentent le risque de survenue d’une Dégénérescence Maculaire Liée à l’Age (DMLA)[i].

Ces données ont-elles été prises en compte par les élus de la majorité municipale, plus pressée de changer les éclairages des classes de nos écoles que d’en assurer le bon fonctionnement des chauffages ?

Par ailleurs, l’expertise met en évidence qu’une exposition, même très faible, à de la lumière riche en bleu le soir ou la nuit, perturbe les rythmes biologiques et donc le sommeil. L’expertise montre également qu’une forte proportion de lampes à DEL présente des variations importantes de l’intensité lumineuse. Certaines populations telles que les enfants, adolescents, pourraient être plus sensibles aux effets potentiels induits par cette modulation de la lumière : maux de tête, fatigue visuelle, risque accidentel, etc. Au vu des résultats de son expertise, l’Anses émet une série de recommandations afin de limiter l’exposition de la population à la lumière riche en bleu.

Nos élus LREM de Saint Sulpice la Pointe ont-ils pris  en compte ces expertises dans leur programme de remplacement les lampes d’éclairage public classiques par des dispositifs DEL ?

Enfin, les études et connaissances scientifiques démontrent toutes une augmentation de la mortalité et un appauvrissement de la diversité des espèces animales et végétales dans les milieux éclairés la nuit, et ce quel que soit l’écosystème étudié, ce pourquoi l’ANSES recommande de limiter la pollution lumineuse.

Nos élus majoritaires ont-ils intégré ces considérations lorsqu’ils ont décidé tout seuls de changer d’éclairage public ?

  1. Deuxième piège des DEL : ne pas réfléchir aux besoins d’éclairement.

En raison des grandes performances énergétiques des DEL, l’exposition de la population à la lumière bleue a fortement augmenté en France, notamment le soir avec des éclairages artificiels ou des écrans riches en lumière bleue. C’est pourquoi l’Association Nationale pour la Protection du Ciel et de l’Environnement Nocturnes[ii] veut « inciter tous les acteurs concernés à prendre l’engagement de ne plus augmenter la quantité de lumière émise la nuit et à tenir compte de ses impacts sur l’environnement et sur les êtres vivants». Elle affirme la nécessité d’une approche plus contemporaine et responsable de l’éclairage, pour éviter la répétition des erreurs du XXème siècle où l’on développait des solutions essentiellement techniques et standardisées.

C’est malheureusement le scénario retenu par Saint Sulpice, où pour l’instant les premiers tests sur les éclairages publics ont pour objectif de remplacer de façon simpliste chaque lampe existante par une DEL…

Une véritable ambition en termes de biodiversité, de réduction des nuisances lumineuses et de transition énergétique, implique une approche beaucoup plus globale, avec des réponses plus adaptées aux besoins réels des habitants et aux spécificités des différents secteurs de notre commune. L’ANPCEN, avec France Nature Environnement et la Société Astronomique de France, font la promotion d’une conception responsable de l’éclairage, en phase avec les grands enjeux du XXIème siècle.

Nos élus se sont-ils rapprochés de ces associations en pointe sur ces sujets ?

Pour conclure, l’évolution technologique et l’innovation ne sont pas toujours synonymes de progrès. Ni de plus-value environnementale. A toutes les questions que nous nous posons sur la capacité de nos élus majoritaires à prendre en compte la biodiversité, la transition énergétique et plus globalement la santé des saint-sulpiciens, nous n’avons eu droit qu’à un acte concret. Cet acte, c’est la signature par le maire d’un permis de construire pour un projet de méga centre logistique qui nécessitera de détruire des espèces protégées, qui n’a pas prévu un seul m² de panneau photovoltaïque malgré 70 000 m² de toiture, et qui avec ses 500 passages de camions 6 jours sur 7, détériorera significativement la qualité de l’air de notre commune.

Nos élus LREM sont-ils suffisamment éclairés ?


[i] AVIS et RAPPORT de l’Anses relatif aux effets sur la santé humaine et sur l’environnement (faune et flore) des systèmes utilisant des diodes électroluninescentes (LED)

[ii] première organisation à révéler les effets de l’éclairage sur la biodiversité, sur la consommation d’énergie, ses émissions de gaz à effet de serre, ses déchets, sa consommation de terres rares, les effets sur la santé, les dépenses publiques et l’observation du ciel étoilé

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